« D’ailleurs et d’ici! » : un livre énergétique pour l’affirmation d’une France plurielle !

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La France d’aujourd’hui est un puzzle. Il est temps de combler les cases vides.

Oui,la France change. Certains s’en inquiètent, éternels nostalgiques d’époques révolues qui, elles-mêmes, ont engendré ces mutations,  en allant à la rencontre de peuples selon un mode de domination, d’asservissement. Aujourd’hui encore, lorsque ce pays tolère la discrimination, lorsqu’il laisse briser des rêves, lorsqu’il érige une forteresse de l’« entre-soi »,  c’est lui-même qu’il ampute d’une part de son destin.

Alors relevons la tête, ne nous laissons pas enfermer dans des positions défensives. Soyons fiers de porter les couleurs du changement. Quelles que soient les résistances, les barrières, soyons mutants, assumons ce qui nous constitue : nos traditions et nos ruptures, nos héritages et nos choix. Nous, êtres pluriels, soyons libres, imaginons de nouveaux projets de société, devenons les inventeurs résolus de notre vie.

Marc Cheb Sun

Lilian Thuram

« Chacun de nous est porteur d’un métissage car nous avons tous en nous une culture multiple. »

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Aïssa Maïga

« J’ai grandi avec des gens qui venaient de nombreux endroits du monde. J’ai le sentiment que cet ouvrage, D’ailleurs et d’ici, reflètera l’idée d’une étendue de cultures au pluriel qui s’interpénètrent et se métissent.»

Commandes disponible sur :

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FNAC

Format : beau livre illustré, 144 pages, éditions Philippe Rey, 15 euros.

Plus d’infos sur  differentnews.org

Chapitre Langue et langages
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Lettre à l’extra-terrestre

Alors, cher extra-terrestre, le français est une langue vivante, parmi des milliers sur toute la terre. Il aime les voyelles et… les règles sur lesquelles veille une petite armée de vieux si peu sexys que les jeunes s’en branlent en commettant des fautes qui vous feraient rougir, cher extra-terrestre, quand ils ne le charcutent pas en le textotant dans tous les sens, à tout instant. Il faut reconnaître qu’ils y placent de nouveaux mots devant lesquels même les vieux gardiens s’inclinent.

Gustave Akakpo, dramaturge

Casey (extrait de l’interview)
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« Déjà à l’école, le français, ça me plaisait bien. Et puis avec la musique, l’intérêt a grandi. Je parle ghetto, mais quand j’écris, je puise dans tous les registres du langage. Quand j’ai commencé à faire du rap, je voulais dire : «Nous aussi, on a accès à la langue, mais cool, quoi !». Pas besoin de créer une langue engoncée, surfaite. Ce n’est pas le Café de Flore. Vivre en cité et pouvoir affirmer avec orgueil : «Les mots, on les connaît, c’est pas un problème»… On n’a pas besoin d’être dans la posture pour manier les mots, nous.»

Youssoupha (extrait de l’interview)

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«  Le français, c’est ma matière première. Je me vois comme ceux qui travaillent la terre pour la sculpter, qui la torturent et la modifient. Je n’aurais pas pu faire de rap si je n’étais pas fasciné par le langage. On a tendance à railler notre lexique, notre syntaxe. Mais notre rôle, c’est de réinventer le langage. On reprend des mots anciens comme «racaille», américains comme «swag», du verlan, de l’argot antillais ou africain, des mots plus actuels et on mêle le tout. Si le rap se contentait du dictionnaire et du Bescherelle on s’ennuierait ! »

Souria Adèle, comédienne (extrait de sa contribution)

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« Les langues créoles sont issues de la rencontre des colonisateurs et des colonisés. Nées dans la barbarie de l’esclavage, elles sont un signe du génie humain face au crime contre l’humanité. Il y a différents créoles selon les territoires, dont quatre en France : Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion.

On y constate la forte vitalité de ces langues, utilisées au quotidien. C’est un authentique bilinguisme, une richesse. Pourtant, ces langages ont longtemps été considérés comme de vulgaires patois. »

Faire «l’accent»… ou pas

jean baptiste phou d ailleurs et d ici

Mes parents ne m’ont pas transmis leur langue maternelle. Ils croyaient que cela aurait un effet néfaste sur mon apprentissage du français. Des parents qui, après plus de trente ans passés en France, s’expriment toujours avec un accent à couper au couteau… Cet accent, entre nous, on s’en amuse bien, mais, attention, on ne permet pas aux autres de s’en moquer !

Que diraient-ils, aujourd’hui, mes parents, s’ils savaient que dans mon quotidien de comédien, lorsqu’on m’appelle pour un casting, un tournage, un doublage, on me demande souvent de faire «l’accent» ? Pas un accent recherché, celui qui servirait l’intrigue ou le personnage. Non. Juste «l’accent», celui qui amuse la galerie, qui correspond à l’imaginaire collectif et qu’on entretient sur nos écrans.

Car les rôles qu’on me propose renvoient, pour la plupart, à mon physique, ou plutôt à l’idée qu’on s’en fait : le karatéka, le clandestin, le mafieux, le bonze. Et il faut bien que la voix colle au physique ! Parce que,forcément, «un Asiatique, ça parle avec l’accent asiatique».

Peut-être mes parents me diraient : «Mais c’est ton travail ! Où est le problème ?»  Peut-être. Et peut-être auraient-ils raison ?

Pourtant, je ne peux pas me résigner. J’ose croire qu’en refusant de cautionner ce système, les choses finiront par changer. La Boétie ne disait-il pas : «Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres*» ? J’ose croire, en créant à mon tour, que je pourrai faire résonner ma voix. Et sans «l’accent».

Jean-Baptiste Phou, comédien, auteur, metteur en scène

* Extrait du Discours de la servitude volontaire.

 

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